Intervenant 2013

Carlos A. Primo BragaÉconomiste, directeur d’Evian Group@IMD

Amérique Latine : Déjà l’avenir ?

Carlos A. Primo Braga est professeur d’économie politique internationale à l’IMD et directeur d’Evian Group@IMD, une association internationale de dirigeants d’entreprise, de gouvernements et de leaders d’opinion, qui se donne pour mission d’encourager « une économie de marché internationale ouverte, globale, équitable et durable s’inscrivant dans un cadre multilatéral réglementé ». Ses domaines de spécialisation sont, entre autres, le commerce international, la gouvernance mondiale, l’interdépendance économique et l’économie du développement. Avant de rejoindre l’IMD en 2012, il a occupé des postes clés à la Banque Mondiale. Son intervention portera sur l’émergence de l’Amérique latine (il est lui même Brésilien) et sur la situation actuelle du continent.

Compte rendu : Amérique Latine : Déjà l’avenir ?

A l’occasion du récent Forum organisé par la Fondation de la Haute Horlogerie à l’IMD de Lausanne, Carlos A. Primo Braga s’est concentré sur l’actualité économique du Brésil, de l’Argentine, en comparaison de la situation européenne. Appartenant aux nations du BRIC, le Brésil a vu sa classe moyenne s’étoffer progressivement depuis 2003 et ses inégalités en termes de revenus décroître drastiquement. « En 1989, le Brésil était le troisième pays au monde le plus inégalitaire, une position qui, depuis, s’est nettement améliorée. L’une des premières raisons est que le Brésil aurait difficilement pu faire pire, explique-t-il non sans un pointe…

A l’occasion du récent Forum organisé par la Fondation de la Haute Horlogerie à l’IMD de Lausanne, Carlos A. Primo Braga s’est concentré sur l’actualité économique du Brésil, de l’Argentine, en comparaison de la situation européenne. Appartenant aux nations du BRIC, le Brésil a vu sa classe moyenne s’étoffer progressivement depuis 2003 et ses inégalités en termes de revenus décroître drastiquement. « En 1989, le Brésil était le troisième pays au monde le plus inégalitaire, une position qui, depuis, s’est nettement améliorée. L’une des premières raisons est que le Brésil aurait difficilement pu faire pire, explique-t-il non sans un pointe d’humour. Le facteur central repose sur une forte urbanisation marquée par un exode des populations campagnardes vers les villes. A cela s’ajoute une chute de la natalité qui se caractérise aujourd’hui par un taux de fertilité de 1,8 enfant par femme contre 6 en 1996. »

Néanmoins, le Brésil reste encore une économie par trop repliée sur elle-même et peu ouverte à l’international, même si le pays est par exemple le plus gros partenaire de la Chine en termes d’échanges agricoles. « S’il dispose d’infrastructures suffisantes pour le moment, il n’en reste pas moins parmi les plus mal notés en la matière selon une étude de cette année menée par Crédit Suisse au niveau mondial, poursuit Carlos A. Primo Braga. Le Brésil doit donc tout faire pour attirer les investissements dans le but de développer ses infrastructures. L’essor de la société dans son ensemble en dépend.»

Carlos A. Primo Braga a poursuivit sa présentation par la situation de l’économique argentine suite à la crise de 2001 et à la fin de la parité peso/dollar. Impact immédiat : le service de la dette a explosé en rapport au PIB du pays. Bonne nouvelle, ce taux a commencé à baisser progressivement dès 2003 déjà pour s’établir à une moyenne actuelle de 6% l’an. Dans ce contexte, la Grèce ne devrait-elle pas suivre le même exemple et revenir à la drachme, s’interroge l’économiste ? Certainement pas. L’Argentine a profité de la forte demande, de la Chine en particulier, en matières premières. Des ressources dont la Grèce ne bénéficie certainement pas. D’où un exercice extrêmement périlleux, voire contreproductif, si le berceau de la démocratie devait adopter une telle stratégie.

En parallèle, Carlos A. Primo Braga s’est plu à souligner que l’austérité imposée au pays en difficulté de la zone euro ne suffisait pas pour résoudre la crise de la dette. La fatigue sociale que de telles mesures provoquent est un élément essentiel à prendre en ligne de compte. Alors pourquoi pas une restructuration de la dette pour donner un peu d’air à ces économies exsangues. Question de gommer le « no future » dont souffrent les jeunes générations.

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