Intervenant 2016

Gerd LeonhardFuturologue

Les technologies qui vont changer notre vie

Gerd Leonhard analyse les avancées techniques et scientifiques qui ont un impact direct sur notre présent et vont influencer notre futur. Ce futurologue suisse, spécialiste des changements portant sur un avenir proche, est volontiers considéré comme un expert sur des sujets allant des médias sociaux aux technologies liées à l’intelligence artificielle, à la robotique ou à l’Internet des objets. En 2015, le magazine Wired l’a classé parmi les 100 personnes les plus influentes en Europe en matière de technologie et d’innovation. Auteur de plusieurs ouvrages, il a récemment écrit Technology vs Humanity: The coming clash between man and machine. Il est également présentateur d’une série de web-TV, TheFuturesShow, et CEO de TheFuturesAgency, réseau international de futurologues. Homme de nombreux talents, il est également guitariste et compositeur.

Conférence en vidéo

« Nos enfants ne conduiront plus, n’écriront plus et auront des emplois aujourd’hui inexistants. En dix ans, nous allons connaître davantage de changements que ces trois derniers siècles. »

Compte rendu : Les technologies qui vont changer notre vie

Impossible de l’ignorer : la technologie est partout, en tout temps. Elle est en quelque sorte universelle et tisse sa toile de manière exponentielle. Pour le futurologue Gerd Leonhard, cette évolution doit définir de nouveaux rapports entre l’homme et la machine. L’avenir sera technologique ou ne sera pas. Tel était en substance le message du futurologue Gerd Leonhard lors du 8e Forum de la Haute Horlogerie tenu à Lausanne. Un message qui implique une certaine ouverture d’esprit, certes, mais surtout une redéfinition urgente des rapports entre l’homme et la machine. « Aujourd’hui déjà, nous savons que nos enfants ne conduiront…

Impossible de l’ignorer : la technologie est partout, en tout temps. Elle est en quelque sorte universelle et tisse sa toile de manière exponentielle. Pour le futurologue Gerd Leonhard, cette évolution doit définir de nouveaux rapports entre l’homme et la machine.

L’avenir sera technologique ou ne sera pas. Tel était en substance le message du futurologue Gerd Leonhard lors du 8e Forum de la Haute Horlogerie tenu à Lausanne. Un message qui implique une certaine ouverture d’esprit, certes, mais surtout une redéfinition urgente des rapports entre l’homme et la machine. « Aujourd’hui déjà, nous savons que nos enfants ne conduiront pas de voitures eux-mêmes, qu’ils ne sauront probablement plus écrire et qu’ils risquent bien d’avoir un emploi qui, à l’heure actuelle, n’existe même pas, exposait Gerd Leonhard. Et quand on parle de nos enfants, on parle d’un futur qui se dessine dans les années qui viennent et non le siècle prochain. En d’autres termes, nous nous trouvons au début de changements technologiques promis à une évolution exponentielle. Tous ceux qui pensent encore en termes de développement linéaire sont condamnés à l’échec. »

Pour preuve, il suffit d’observer quelles compagnies occupent les premières places des plus grandes capitalisations mondiales. En 2006, on trouvait ExxonMobil, General Electric, Microsoft, Citigroup et BP et Royal Dutch Shell aux six premières places. Aujourd’hui, seuls Microsoft et ExxonMobil figurent encore dans la liste, rejoints par Apple, Alphabet, Amazon et Facebook, soit autant de compagnies actives dans les technologies. « Le pétrole est en passe d’être remplacé par les données et l’essence par l’intelligence, poursuivait Gerd Leonhard. Ce qui se dessine aujourd’hui se conçoit en termes de réalité virtuelle, d’Internet des objets et de chaînes de bloc (blockchain, ndlr). Cela donne à réfléchir, surtout si l’on sait qu’en 2023 nous pourrons concevoir un ordinateur ayant la même capacité qu’un cerveau humain. Mieux, en 2050, un seul ordinateur aura les capacités de l’ensemble des cerveaux humains de la planète. Dans ce contexte, on ne peut faire l’impasse sur les questions éthiques en sachant que les facteurs de changement les plus importants s’organisent autour de l’intelligence artificielle et de l’informatique cognitive. Pour prendre un exemple, il suffit d’examiner ce qui se fait à l’heure actuelle autour du génome humain et les promesses de vie éternelle que tout cela sous-entend. »

Ceux qui savent dire « pourquoi »

Dans l’immédiat, notre vie quotidienne et professionnelle commence déjà à intégrer les concepts mêmes d’automatisation (véhicule sans chauffeur), de réalité augmentée (lunettes/casques 3D), de réalité virtuelle (Amelia, la nouvelle assistante numérique de la banque scandinave SEB) et de mise en réseau de données connectées (instantanéité des médias), le tout pouvant déjà largement être orchestré via un téléphone intelligent. « Les choses et les processus deviennent eux-mêmes intelligents, constatait Gerd Leonhard. Et les domaines d’application sont extrêmement nombreux tant dans le secteur public que dans l’univers des entreprises ou encore dans celui de la consommation. On estime aujourd’hui que les applications de réalité virtuelle et de réalité augmentée représenteront un marché de 35 milliards à l’horizon 2025 dans la santé, l’ingénierie, l’immobilier, l’éducation, l’armée ou encore les jeux vidéo, les loisirs ou l’événementiel. La conséquence immédiate de cette évolution est que le futur ne sera plus une simple extension du passé. Et compte tenu des évolutions technologiques en cours, on peut être sûr que tout ce qui peut être numérisé et automatisé le sera. Pour résumer, je dirais que les dix prochaines années amèneront davantage de changements que les trois derniers siècles. »

En contrepartie, ce qui ne pourra être ni numérisé ni automatisé risque bien de prendre de la valeur. Raison pour laquelle il faut se garder de penser comme une machine, avertit Gerd Leonhard. « Un géant comme Ikea par exemple a lancé toute une campagne de recrutement en disant que la compagnie voulait engager des gens qui ne se laissent pas enfermer dans des conventions mais qui y voient plutôt une forme de défi, soit des collaborateurs qui savent dire “pourquoi” (why-sayers, ndlr). Comme on le voit, la puissance de la technologie est devenue, de nos jours, plus importante que la puissance nucléaire. On ne saurait toutefois oublier qu’elle doit être soumise à un objectif humain, pour ne pas dire humaniste. Comme le disait bien Einstein, “ce qui compte ne peut pas toujours être compté et ce qui peut être compté ne compte pas forcément”. Un principe que l’on retrouvait chez Steve Jobs, pour qui la technologie ne suffit pas à expliquer l’ADN d’Apple. Il y a bel et bien la technologie, précisait-il, mais mariée aux arts libéraux et aux humanités pour un résultat qui fait chanter nos cœurs. Pour ma part, je conclurais en disant que nous n’avons d’autre choix qu’embrasser la technologie, mais gardons-nous bien de nous identifier à elle ! »

Interview en vidéo

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