Intervenant 2016

Michael WadeProfesseur innovation et stratégie IMD

L'influence numérique sur le monde des affaires

À la tête du Center for Digital Business Transformation, une initiative commune à l’IMD et Cisco, Michael Wade est un spécialiste de la révolution numérique observée dans le monde des affaires et des entreprises comme de la souplesse indispensable pour y faire face. Ses publications portent sur une vaste palette de sujets allant des stratégies liées aux systèmes d’information numérique à la performance des PME. Coauteur de plusieurs ouvrages sur la théorie des systèmes d’information, il a également rédigé de nombreux articles sur le même sujet, dont l’un fait partie des 20 publications les plus citées cinq années de suite dans l’univers des affaires, du management et de la comptabilité.

Conférence en vidéo

« Dans un environnement concurrentiel, ce ne sont pas les entreprises les plus “numériques” qui gagnent mais celles qui sont les plus agiles. »

Compte rendu : L'influence numérique sur le monde des affaires

La clé de la compétitivité d’une entreprise n’est pas tellement son degré d’informatisation mais bien plutôt ses capacités de la mettre au service de sa quête de performance. Explication de Michael Wade, professeur Innovation et Stratégie à l’IMD Lausanne. Tout ce qui est numérique est « cool », contrairement aux affres de la réalité. Pour Michael Wade, professeur Innovation et Stratégie à l’IMD de Lausanne, cette maxime est aussi valable dans le monde des entreprises, où règne actuellement une course à l’informatisation, à la numérisation. « Comme nous vivons dans un environnement où la technologie connaît un développement exponentiel pour…

La clé de la compétitivité d’une entreprise n’est pas tellement son degré d’informatisation mais bien plutôt ses capacités de la mettre au service de sa quête de performance. Explication de Michael Wade, professeur Innovation et Stratégie à l’IMD Lausanne.

Tout ce qui est numérique est « cool », contrairement aux affres de la réalité. Pour Michael Wade, professeur Innovation et Stratégie à l’IMD de Lausanne, cette maxime est aussi valable dans le monde des entreprises, où règne actuellement une course à l’informatisation, à la numérisation. « Comme nous vivons dans un environnement où la technologie connaît un développement exponentiel pour représenter un facteur stratégique capital dans les entreprises, elles ont l’impression que cette exigence du “tout numérique” leur permettra d’adapter leur organisation à cette nouvelle donne. En d’autres termes, elles se demandent comment devenir elles-mêmes des entreprises numériques. Or il s’agit là d’une mauvaise question. Le numérique, l’informatisation de l’entreprise doivent être considérés comme un moyen et non comme une fin. Un moyen pour améliorer la performance, augmenter la satisfaction des clients et le bien-être des collaborateurs ; un moyen, in fine, permettant d’obtenir une meilleure rentabilité. »

Pour Michael Wade, une analyse des marchés à forte concurrence permet de cerner les compagnies qui s’adaptent le mieux aux changements rapides qui les caractérisent. « On remarque alors que ce ne sont pas forcément celles qui sont les plus « numériques » mais bien celles qui sont les plus agiles. Par “agile”, on entend, une capacité à se tenir au courant de la moindre évolution dans l’environnement de l’entreprise et de savoir exploiter ces informations dans le processus de décision. “Agile” signifie ensuite “agir rapidement pour maintenir son avantage concurrentiel”. La question est donc plutôt de savoir comment adapter son entreprise pour être en mesure d’appliquer une telle stratégie avant de savoir comment on va informatiser les processus. »»

Une offre « pertinente »

Dans le même ordre d’idées, Michael Wade relève toute l’importance que l’on accorde au numérique dans le but de personnaliser l’expérience client. Et de citer en exemple son arrivée dans une grande surface où il a été accueilli par un message de bienvenue sur son téléphone. Message lui indiquant que les céréales qu’il a l’habitude d’acheter étaient en action, et accompagné par un mot de salutation à son nom sur le panneau où défilent normalement des informations promotionnelles. « Tout cela, c’est bien gentil, mais cela ne sert à rien. J’étais simplement allé dans cet endroit pour trouver rapidement de quoi déboucher mes toilettes. Alors vous pensez bien que les céréales de mon petit déjeuner étaient à cent lieues de mes préoccupations. Le maître mot dans ce contexte, c’est la pertinence. Quand le site TripAdvisor me propose ainsi un nouveau service intitulé “Just for you” où je pourrai trouver des offres correspondant aux choix que j’ai faits précédemment, cela n’a pas davantage d’intérêt. Si je visite ce site, c’est pour savoir ce que pensent les autres des endroits que je veux visiter. Comme ces informations “numériques” manquent de pertinence, elles ratent leur cible. »

Quid de l’horlogerie suisse, bastion inexpugnable ? « La Suisse et son industrie horlogère ont jusqu’ici toujours eu à l’esprit qu’il fallait prendre le temps nécessaire pour que les choses soient bien faites et de qualité. Cette approche, qui peut certes faire sourire, a été suffisamment couronnée de succès pour faire taire toute critique. Il faut toutefois reconnaître que, de nos jours, l’environnement des entreprises évolue beaucoup plus rapidement, ce qui demande une nécessaire adaptation de manière à conserver toutes ses capacités d’innovation. Comme dans beaucoup de situations, on parle de menaces et d’opportunités. Personnellement, je suis persuadé que les horlogers sauront saisir les opportunités qui vont se présenter à eux. »

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