Intervenant 2013

Pascal BroulisConseiller d’État, Vaud

Et la Suisse dans tout cela ?

Pascal Broulis est depuis 2002 membre du Conseil d’État du canton de Vaud. Il en a été de 2007 à 2012 le président. Il dirige le Département des finances et des relations extérieures, et avec ses collègues de gouvernement, il a été l’artisan de l’assainissement des finances publiques (parmi les plus solides de Suisse) et d’une politique d’encouragement économique qui a contribué à transformer l’Arc lémanique en une des régions les plus dynamiques d’Europe. Il base son action politique sur la certitude que « sans prospérité, rien n’est possible » et sur une approche de rassembleur et de dialogue avec toutes les forces politiques. Membre du Parti libéral-radical, il est également président depuis 2010 de la Conférence des gouvernements cantonaux suisses.

Compte rendu : Et la Suisse dans tout cela ?

La Suisse, îlot de prospérité ; le canton de Vaud en plein âge d’or. Quelles sont les recettes du succès ? Pour le Conseiller d’Etat Pascal Broulis, la formule tient en une conjonction de spécificités révélatrices : « Nous disposons dans la région d’un tissu de hautes écoles de grande qualité. De plus, le contexte législatif offre une stabilité à laquelle les entrepreneurs sont extrêmement sensibles. Dans ce contexte, la fiscalité est certes un élément à prendre en ligne de compte mais il vient au bout de la chaîne lorsqu’il s’agit d’intéresser les sociétés à s’établir dans le canton. »…

La Suisse, îlot de prospérité ; le canton de Vaud en plein âge d’or. Quelles sont les recettes du succès ? Pour le Conseiller d’Etat Pascal Broulis, la formule tient en une conjonction de spécificités révélatrices : « Nous disposons dans la région d’un tissu de hautes écoles de grande qualité. De plus, le contexte législatif offre une stabilité à laquelle les entrepreneurs sont extrêmement sensibles. Dans ce contexte, la fiscalité est certes un élément à prendre en ligne de compte mais il vient au bout de la chaîne lorsqu’il s’agit d’intéresser les sociétés à s’établir dans le canton. »

Autre mot clé pour Pascal Broulis : l’ouverture. L’ouverture à un monde en mutation tout comme l’ouverture intra muros. « Pour alimenter sa compétitivité, la Suisse dispose de 26 « laboratoires » cantonaux, poursuit-il. Ce qui ne signifie en rien un repli sur les particularismes locaux, bien au contraire. En ce qui concerne l’Arc lémanique, nous sommes fortement engagés dans une dynamique régionale qui dépasse largement les frontières cantonales et qui permet, précisément, de mettre en exergue ce que chaque zone a de mieux à offrir. Alors oui, certaines fois, nous voyons des organisations ou des entreprises se délocaliser, parfois à quelques kilomètres, mais cela ne nuit en rien aux opportunités que nous sommes prêts à saisir et qui s’offrent à nous, même en temps de crise. Au-delà de ce constat, la Suisse se doit de rester ouverte. Je rappelle que, sur une population de 8 millions de personnes, 1,4 million d’Européens ont élu domicile en Suisse et que 200’000 frontaliers viennent y travailler quotidiennement. »

Sur la question de l’intégration européenne, Pascal Broulis reste fermement persuadé que la voie bilatérale adoptée par la Suisse est pour l’instant l’unique solution. « Il serait illusoire de penser que le peuple helvétique accepte une intégration pleine et entière dans une Europe en pleine construction où l’instabilité est notoire et les inégalités manifestes. Un seul exemple : le Luxembourg produit six fois les richesses de la Bulgarie. Il y a une vingtaine d’années, la question se posait différemment mais aujourd’hui, je ne vois pas de circonstances favorables à une telle évolution. Ce qui ne veut pas dire que la Suisse restera toujours en marge mais cela devra se faire de manière progressive. Cela dit, l’Union européenne comprend très bien la position de la Suisse. »

Petite et compétitive, la Suisse est restée relativement en marge de la crise financière qui a secoué la planète dès 2008. Pour Pascal Broulis, il s’agit certes là d’un modèle qui pourrait faire école. Mais un modèle qui ne doit pas rester seul et isolé. « L’inspiration doit aussi venir de l’extérieur, conclut-il. Suisse et globalisation ne sont de loin pas des termes antinomiques, notre commerce extérieur est là pour le souligner. »

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