Intervenant 2013

Uli SiggCollectionneur d’art, expert de la Chine

Un nouveau leadership chinois : que faut-il en attendre ?

L’entrepreneur et diplomate suisse Uli Sigg a réuni la collection d’art contemporain chinois la plus complète au monde – une collection qu’il a commencée dans les années 1990, et dont il donnera une bonne partie (près de 1500 oeuvres) au musée de la Culture visuelle de Hong Kong. Il a voyagé en Chine pour la première fois en 1979 afin d’établir la première joint-venture entre la Chine et une entreprise étrangère, au nom de la société suisse Schindler. Au cours de la seconde moitié des années 1990, il était ambassadeur de Suisse en Chine, Corée du Nord et Mongolie. Il est vice-président de Ringier, membre des Conseils consultatifs de la China Development Bank et du Conseil international du MoMA (New York) ainsi que du Comité consultatif international de la Tate Gallery (Londres).

Compte rendu : Un nouveau leadership chinois : que faut-il en attendre ?

Actuellement en construction, le musée d’art contemporain et de culture visuelle de Hong Kong M+ s’apprête à hériter de 1463 œuvres de la collection privée d’Uli Sigg. Ainsi, dès 2017, les 40 millions de Chinois qui se rendent annuellement dans la région administrative spéciale chinoise auront l’occasion de découvrir une facette de leur histoire moderne à travers les créations de leurs propres artistes depuis les années 1970. Convié au dernier Forum de la Haute Horlogerie, Uli Sigg s’est exprimé sur l’évolution de la scène artistique chinoise et sur quelques questions d’actualité. Uli Sigg et l’art moderne relèvent d’une grande histoire…

Actuellement en construction, le musée d’art contemporain et de culture visuelle de Hong Kong M+ s’apprête à hériter de 1463 œuvres de la collection privée d’Uli Sigg. Ainsi, dès 2017, les 40 millions de Chinois qui se rendent annuellement dans la région administrative spéciale chinoise auront l’occasion de découvrir une facette de leur histoire moderne à travers les créations de leurs propres artistes depuis les années 1970. Convié au dernier Forum de la Haute Horlogerie, Uli Sigg s’est exprimé sur l’évolution de la scène artistique chinoise et sur quelques questions d’actualité.

Uli Sigg et l’art moderne relèvent d’une grande histoire d’amour. Une fois installé dans l’Empire du milieu, il poursuit sa démarche de collectionneur en accumulant des œuvres d’artistes locaux. « J’avais la conviction que l’art m’ouvrirait un autre accès à la réalité chinoise, explique-t-il. Quand je suis arrivé, à la fin des années 1990, l’art reflétait une résistance politique face au régime. Les artistes travaillaient sur des concepts venus de l’étranger qu’ils s’appropriaient. Les démonstrations de force du gouvernement, notamment à la place Tiananmen en 1989, a eu pour effet de rendre cette contestation souterraine. Aujourd’hui, la production artistique ne joue plus le même rôle. Les artistes semblent avoir adopté une attitude plus formelle dans leur démarche, en fonction des données du marché. En parallèle, ils se sont réapproprié des thèmes issus de leur propre tradition. L’intérêt pour la culture chinoise du passé renaît ».

Plus globalement, Uli Sigg constate que la Chine d’aujourd’hui obéit davantage aux lois du marché. Le secteur privé est mieux représenté au sein du parti unique. Un phénomène qui ne doit toutefois pas nourrir trop d’espoir dans la mesure où qui profite du système n’a pas tendance à en changer les règles. L’évolution vers plus de démocratie n’est donc pas à l’ordre du jour. « Pour l’instant, il n’y a aucune alternative au parti. Seule ouverture, les élections régionales où l’on voit enfin un débat entre membres d’un même parti se disputer la première place. En d’autres termes, la question démocratique n’est pas d’actualité pour les dix ans à venir, selon les priorités du nouveau gouvernement ».

Les récentes initiatives prises par le nouveau Premier ministre Li Keqiang pour lutter contre la corruption nécessiteront, elles aussi, du temps avant d’être réellement efficaces. En Chine, les périodes de transitions tendent à durer longtemps. En d’autres termes, comme le relève Uli Sigg, la démocratisation n’est de loin pas une priorité du gouvernement actuel dans le pays. Elle reste une alternative qui relève de l’utopie.

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